Lorsque le décès est survenu en France, l’information est normalement transmise à l’Assurance Maladie par les services chargés de l’état civil.
Un délai peut toutefois être nécessaire avant que le décès soit enregistré dans le dossier du défunt.
Vous devez transmettre un acte de décès :
- si la CSSM vous le demande ;
- si le décès n’a pas encore été enregistré ;
- si le décès est survenu hors de France.
Il n’est pas nécessaire de renvoyer la carte Vitale du défunt.
Après l’enregistrement du décès, la CSSM met à jour le dossier, arrête les prestations qui ne sont plus dues et vérifie si certaines sommes restent à verser.
Les prestations restant dues au défunt
Au moment du décès, certaines prestations peuvent avoir été accordées sans avoir encore été versées.
Il peut notamment s’agir :
- D’indemnités journalières maladie ;
- D’indemnités journalières maternité, paternité ou adoption ;
- D’une pension d’invalidité ;
- D’une autre prestation en espèces correspondant à une période antérieure au décès.
Ces sommes sont différentes du capital décès. Elles étaient dues au défunt et sont versées dans le cadre du règlement de sa succession.
La demande peut être présentée par un héritier, une personne se portant fort pour les autres héritiers, un mandataire, un notaire ou un avocat représentant les héritiers.
Selon la situation, la CSSM peut demander :
- un acte de décès ou une copie du livret de famille ;
- une pièce d’identité ;
- un relevé d’identité bancaire ;
- un justificatif de la qualité d’héritier ;
- une attestation de porte-fort ;
- un acte de notoriété ;
- un mandat.
La liste exacte des pièces dépend du montant restant dû et de la personne qui présente la demande.
Lorsque le défunt percevait une pension d’invalidité, la totalité du mois au cours duquel le décès est intervenu reste due.
Le capital décès
Le capital décès est une prestation versée aux proches d’un assuré décédé lorsque les conditions d’ouverture du droit sont remplies.
Il constitue un soutien financier pour les bénéficiaires. Il peut notamment contribuer à faire face aux dépenses immédiates liées au décès, mais il ne correspond pas uniquement au remboursement des frais d’obsèques.
Son versement n’est pas automatique. Une demande doit être déposée auprès de la CSSM.
Le capital décès est différent :
- Des prestations restant dues au défunt ;
- D’une pension de réversion ;
- D’une allocation de veuvage ;
- D’une pension de veuve ou de veuf invalide ;
- Des sommes versées par une assurance ou un organisme de prévoyance.
La demande doit être adressée à la CSSM à l’aide du formulaire capital décès.
Le demandeur doit :
- Compléter et signer le formulaire ;
- Préciser sa qualité de bénéficiaire ;
- Indiquer s’il souhaite faire reconnaître sa priorité ;
- Signaler, s’il en a connaissance, l’existence d’autres bénéficiaires ;
- Joindre les justificatifs demandés ;
- Transmettre le dossier dans le délai correspondant à sa situation.
Chaque personne estimant avoir droit au capital peut être amenée à déposer sa propre demande et à fournir un relevé d’identité bancaire à son nom.
Les documents à transmettre dépendent de la situation du défunt et de celle du demandeur.
Le dossier comprend généralement :
- Le formulaire de demande complété et signé ;
- L’acte de décès ;
- une pièce d’identité du demandeur ;
- Un RIB au nom du bénéficiaire ;
- Un document établissant le lien avec le défunt.
Le lien avec le défunt peut notamment être justifié par un livret de famille, un acte de naissance, un acte de mariage ou un justificatif de Pacs.
La CSSM peut également demander les trois derniers bulletins de salaire du défunt. Un bulletin supplémentaire peut être nécessaire si le dernier mois était incomplet en raison du décès.
Lorsque le défunt percevait une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle avec un taux d’incapacité permanente d’au moins 66,66 %, la dernière notification de rente ou la notification initiale peut être demandée.
Si le demandeur souhaite être reconnu comme bénéficiaire prioritaire, il doit transmettre les documents permettant de prouver qu’il était à la charge effective, totale et permanente du défunt. La CSSM peut notamment examiner ses ressources, sa situation familiale, son lieu de résidence ainsi que les aides régulièrement versées par le défunt.
Selon la situation, d’autres documents peuvent être nécessaires, par exemple :
- un justificatif de la régularité du séjour en France ;
- un document établissant la représentation légale d’un mineur ;
- des actes d’état civil complémentaires ;
- une traduction des documents établis à l’étranger.
Un dossier incomplet peut retarder l’instruction et le versement du capital.
Après réception du dossier, la CSSM vérifie :
- La situation professionnelle du défunt ;
- Ses conditions d’activité ou de cotisations ;
- La qualité du demandeur ;
- L’existence de bénéficiaires prioritaires ;
- Le respect des délais ;
- les justificatifs transmis ;
- les éléments nécessaires au calcul.
Des pièces complémentaires peuvent être demandées lorsque la situation nécessite des vérifications.
Le versement ne peut normalement pas intervenir avant l’expiration du délai d’un mois laissé aux bénéficiaires prioritaires pour se manifester.
Lorsque plusieurs personnes appartiennent au même rang, le capital est réparti à parts égales entre elles, sauf règle particulière applicable.
Le décès met fin au versement des indemnités journalières à la date du décès.
Les indemnités correspondant à une période antérieure peuvent toutefois rester dues et être versées dans le cadre de la succession.
Les proches peuvent également demander le capital décès lorsque les conditions d’ouverture du droit sont remplies.
Si une somme a été versée pour une période postérieure au décès, la CSSM vérifie si elle était réellement due et si une régularisation doit être effectuée.
Il ne faut pas utiliser ou restituer spontanément cette somme avant d’avoir reçu les instructions de la CSSM.
Le défunt était travailleur indépendant
Lorsque le défunt était artisan, commerçant, conjoint collaborateur, professionnel libéral, les règles ne sont pas nécessairement les mêmes que celles du régime salarié.
La CSSM vérifie notamment :
- le régime auquel le défunt était affilié ;
- la nature de son activité ;
- sa situation au moment du décès ;
- la régularité de ses cotisations ;
- les règles particulières applicables à sa profession.
Le capital peut notamment être différent selon que le défunt était encore en activité, pensionné d’invalidité, retraité ou conjoint collaborateur.
Le demandeur ne doit donc pas utiliser automatiquement le formulaire, les conditions ou le mode de calcul du capital décès salarié.
Le défunt exerçait plusieurs activités
Lorsqu’une personne exerçait à la fois une activité salariée et une activité indépendante, ses droits peuvent être étudiés au titre de chaque régime dans lequel les conditions étaient remplies.
Le demandeur doit donc signaler à la CSSM l’ensemble des activités exercées par le défunt.
La CSSM détermine ensuite les règles applicables à chaque activité.
Le congé de deuil
Le congé de deuil peut être indemnisé en cas de décès :
- d’un enfant âgé de moins de 25 ans ;
- d’une personne âgée de moins de 25 ans qui était à la charge de l’assuré ;
- d’un enfant mort-né ayant atteint le seuil de viabilité prévu par la réglementation.
Peuvent notamment en bénéficier les salariés, les travailleurs indépendants, les professionnels libéraux concernés, les praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, les demandeurs d’emploi indemnisés et les personnes en maintien de droits.
Pour un salarié, le congé de deuil indemnisé est d’une durée de huit jours calendaires. Il s’ajoute au congé pour décès accordé par l’employeur. Pour un travailleur indépendant, un professionnel concerné, un demandeur d’emploi indemnisé ou une personne en maintien de droits, la durée peut atteindre quinze jours calendaires.
Le congé peut être fractionné :
- en deux périodes au maximum pour un salarié ;
- en trois périodes au maximum pour les autres bénéficiaires.
Chaque période doit durer au moins une journée.
Le congé doit être pris dans l’année suivant le décès.
Le salarié doit informer son employeur des dates auxquelles il souhaite prendre son congé. L’employeur transmet ensuite à la CSSM les informations nécessaires, notamment l’attestation de salaire et les dates du congé.
La CSSM peut également demander :
- l’acte de décès ;
- une demande écrite ;
- un document établissant le lien avec l’enfant ;
- un justificatif prouvant que la personne décédée était à la charge de l’assuré.
Le travailleur indépendant ou le professionnel libéral doit transmettre une demande écrite précisant les dates du congé, une attestation sur l’honneur de cessation d’activité et les justificatifs nécessaires.
Le demandeur d’emploi indemnisé ou la personne en maintien de droits doit également transmettre les documents relatifs à sa dernière activité professionnelle.
Les indemnités journalières sont versées pour chaque jour calendaire du congé, y compris les week-ends et les jours fériés.
Aucun délai de carence n’est appliqué.
Le congé de deuil ne peut toutefois pas être indemnisé pour les mêmes journées qu’un arrêt maladie, un congé de maternité, de paternité ou d’adoption, des indemnités AT/MP ou une indemnisation par l’assurance chômage.
Lorsque le congé est fractionné, le montant de l’indemnité journalière reste identique pendant l’ensemble des périodes.
Trop-perçu après le décès
Lorsqu’une prestation a été versée à tort, la CSSM peut demander son remboursement.
La notification précise notamment :
- la prestation concernée ;
- la période ;
- l’origine du trop-perçu ;
- le montant réclamé ;
- les modalités de remboursement ;
- les voies et délais de recours.
En cas de difficulté, il est recommandé de contacter la CSSM avant d’effectuer un paiement.
